Emmanuelle Grangier

EMMANUELLE GRANGIER

Emmanuelle Grangier étudie l’architecture à l’école d’architecture de Versailles puis les arts plastiques à l’université de Paris I-Panthéon-Sorbonne. Elle obtient un PhD en Art et Sciences de l’Art en 2005. A partir de 1995 elle réalise plusieurs vidéos Link, Hors ta bouche & dans ta bouche, Link00 – To daddy, 391 fragments d’une chronologie du hasard, Zones sensibles…, des vidéos interactives sur support cédéroms, Court-Circuit, Acharné, Killing/No killing. Elle crée ensuite des installations visuelles et sonores, interactives et génératives, Ce qui advient, Gramme 1, Gramme 2, Exorcisme. Ce sont des espaces immersifs où l’image et le son se meuvent et se transforment par le déplacement du corps du visiteur. Dans l’ensemble de ces travaux, elle questionne la relation à l’Autre par le corps, la distance entre les corps, cet entre-deux spatio-temporel qui se contracte et se dilate, la frontière entre les corps ou le corps de l’autre comme prolongement du sien. Elle travaille alors sur l’autisme avec Dans ta bouche & hors ta bouche. La question de l’altérité est déjà au cœur de son travail.  Elle pratique la dissection chirurgicale de la rencontre comme accident, ce qui advient, qui surgit, fait irruption brutalement dans les corps, contrarie nos attentes et utilise pour le provoquer, créer le mouvement, des algorithmes issus de l’Intelligence Artificielle comme les algorithmes génétiques.


En 2014, Emmanuelle Grangier crée sa première pièce Link Human/Robot, un quintette pour une danseuse, un robot, un chercheur, une plasticienne et un musicien. Puis en 2016, elle présente Poppy N+Z, travail de recherche sur le langage qui se poursuit en 2019 avec Poppy+∞. Parallèlement en 2015, elle commence le projet Sniper, Guerrilla, Shark, Razor et les autres librement adapté de l’ouvrage 6/5 de l’anthropologue Alexandre laumonier sur le Trading Haute Fréquence.
On retrouve dans l’ensemble de ces premières pièces ou performances la dimension transdisciplinaire de ses installations, l’écriture chorégraphique embrasse l’écriture cinématographique, plastique, scientifique, elles tissent des liens à la fois formels et sémantiques. Parfois on peut y voir surgir l’espace singulier de l’installation, espace de recherche, espace d’exposition, espace qui fait œuvre en soi.
Le point de départ de sa pratique chorégraphique est toujours un dispositif technologique, une écriture algorithmique ou une expérience scientifique, les corps s’en saisissent, transposent, détournent leurs rythmiques, mouvements, temporalités intrinsèques.
La question de l’altérité est là encore au centre de son travail. Face à une forme d’altérité radicale que constitue le robot ou plus largement certains dispositifs technologiques comme les objets connectés, comment repenser notre singularité humaine à travers ces relations étranges, comment affirmer notre différence humaine.
La voix humaine tient une place très importante dans les pièces d’Emmanuelle Grangier, elle la travaille comme un matériau chorégraphique à part entière.